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Marchés de dupes - Pourquoi la crise se prolonge
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Résumé |
Non, la crise n'est pas terminée : l'Europe est au plus mal, le chômage perdure et les économies sont atones. Si la crise s'installe et s'aggrave, c'est que le jeu des marchés est devenu un marché de dupes : les financiers gagnent toujours au détriment de l'économie réelle.
Aux commandes du système économique mondial, les marchés financiers sont désormais à même de contester la souveraineté des pays les plus vulnérables de l'Europe. Mieux encore, ils sont capables de faire basculer les politiques économiques annoncées dans l'ensemble des Etats de la zone. Pour conserver leur "triple A", certains pays vont jusqu'à virer de bord et substituer à l'ardente obligation de stimulation pour la reprise, une politique d'extrême rigueur qui nous installe dans la déflation.
Faut-il se résigner à ce que l'on fasse ainsi main basse sur nos économies : celles de nos Etats comme celles de nos concitoyens ? les auteurs n'y sont pas prêts. Dans ce livre, ils mettent à mal le mythe de la globalisation nécessairement salvatrice et dégagent cinq chantiers pour réagir. Leur livre n'est pas LA solution mais un préalable passionant à toute solution!
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Table des matières |
Introduction
I. Plus ça change, moins ça change
1. Business as usual ?
2. Confusion des genres
3. Ce risque moral dont il faudra bien s'accomoder
4. Zone grise
II. Une finance bien malade
5. Lipstick finance
6. McDo finance
7. "Chers" bijoux de famille
8. Infini financier
9. L'utilité sociale de la finance : le pavé dans la mare de Lord Turner
III. Les nouveaux Léviathans
10. "On ne nous dit pas tout"
11. La polarisation sur les bonus : une diversion populiste
12. Déconnexion
13. "Too big to fail "
IV. "Et maintenant, que vais-je faire ?"
14. Les hélicoptères des banques centrales en phase d'atterrissage
15. La renverse déflation-inflation
16. L'art chinois de ne pas se tirer une balle dans le pied
17. Le dollar, un verrou qui n'en est plus un
V. Et si on rêvait un peu
18. "Credo ut intelligam"
19. Vive l'éco-diversité !
20. Une relance verte ?
Florilège
Conclusion
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La presse en parle |
"La finance dicte toujours sa loi aux politiques
Les deux auteurs, éminents spécialistes des marchés financiers,
dressent un réquisitoire sans appel de la finance mondialisée plus puissante que jamais deux ans après l'effondrement de Lehman Brothers. Rien n'a véritablement changé et tous les ingrédients sont à nouveau réunis pour une prochaine crise.
Encore la crise, toujours la crise. Pour le deuxième anniversaire de la chute de la banque Lehman Brothers, point d'orgue de la crise financière, de nombreux essais sur la crise seront au rendez-vous de cette rentrée littéraire. Et une fois de plus, la finance n'y fait pas bonne figure.
Le dernier ouvrage d'Henri Bourguinat et d'Éric Briys ne fait pas exception à la règle. Le professeur d'économie, spécialiste des marchés financiers, qui n'a cessé d'alerter les politiques sur les dérives de la finance, et l'ancien trader, fin connaisseur des modèles d'évaluation des risques, reviennent un an après leur précédent essai (davantage
pour les initiés), « l'Arrogance de la finance », dresser un état des lieux post-crise pour le moins inquiétant.
/.../
Eric Benhamou"
La Tribune - 12/09/2010
"Trop de rigueur, ou trop de relance ?
/.../"
Le Monde - 05/10/2010
"Non, la crise n'est pas terminée : l'Europe est au plus mal, le chômage perdure et les économies sont atones. Si la crise s'installe et s'aggrave, c'est que le jeu des marchés est
devenu un marché de dupes : les financiers gagnent toujours au détriment de l'économie réelle.
Aux commandes du système économique mondial, les marchés financiers sont désormais à même de contester la souveraineté des pays les plus vulnérables de l'Europe. Mieux encore, ils sont capables de faire basculer les politiques économiques annoncées dans l'ensemble des Etats de la zone. Pour conserver leur "triple A", certains pays vont jusqu'à virer de bord et substituer à l'ardente obligation de stimulation pour la reprise, une politique d'extrême rigueur
qui nous installe dans la déflation. Faut-il se résigner à ce que l'on fasse ainsi main basse sur nos économies : celles de nos Etats comme celles de nos concitoyens ? les auteurs n'y sont pas prêts. Dans ce livre, ils mettent à mal le mythe de la globalisation nécessairement salvatrice et dégagent cinq chantiers pour réagir. Leur livre n'est pas LA solution mais un préalable passionant à toute solution!"
Presse Edition - 06/10/2010
"La rechute sera fatale
Pour l'économiste Henri Bourguinat, trois ans après le début
de la crise financière, rien n'est vraiment réglé.
Fin 2008, il avait publié, à point normmé, « L'arrogance de la finance », co-signé par Eric Briys. Ce n'était pas une manière de hurler avec les loups, car voici quinze ans, depuis sa
« Tyrannie des marchés », qu'Henri Bourguinat, professeur
émérite à l'Université de Bordeaux IV, mettait en garde, dans ses livres, contre les excès que font courir à l'économie réelle et à nos modèles sociaux les excès d'une finance non régulée, non supervisée.
Cette fois, c'est des effets irrémédiables d'une rechute qu'il s'alarme « Trois ans après les débuts de la crise financière, rien n'est règlé », analyse-t-il dès le début de « Marchés de dupes », le nouvel ouvrage qu'il publie, de nouveau en collaboration avec Enc Briys.
En une vingtaine de chroniques, ecrites dans un style assez enlevé, usant - voire abusant - d'images pour faire passer des messages moins techniques que dans « L'arrogance de la finance », les deux auteurs diessent le constat accablant d'un monde de la finance sorti de la crise plus puissant qu'il n'y était entré.
« Les marchés ont dépossédé de leurs pouvoirs des Etats fragilisés par leurs dettes », explique Henri Bourguinat, pour qui « il est impensable de relancer la machine [économique] avec le système financier actuel, qui est encore plus fragile qu'avant et toujours aussi prédateur ».
« A quand le prochain passage à la caisse ? », demandent les auteurs sur le ton de la provocation. Aux Etats-Unis, fait
remarquer Henri Bourguinat, 15 % des crédits hypothécaires des particuliers ne sont pas encore remboursés. Sur les
solutions à mettre en oeuvre, l'ouvrage peine un peu à sortir des traditionnelles incantations à plus de « volonté politique». II distingue bien des « ruptures » à engager, louables mais un peu générales : « revoir le principe des hypermarchés de la finance », « desserrer l'etau des marchés sans nuire à la reprise ». Sur des sujets aussi conciets que la réglementation bancaire par les fonds propres, le lecteur peine un peu à discerner une position claire des auteurs : pour ou contre Bâle III ? La phrase de conclusion, elle, met tout le monde d'accoid : « La prochaine réplique ne pardonnera pas ».
JEAN-FRANCIS PECRESSE"
Les Echos - 07/10/2010
"Pourquoi la crise se prolonge
Si la crise financière semble s'être apaisée, si le CAC 40
reprend des couleurs, si les banques renouent avec les
bénéfices, l'économie réelle, elle, est encore au fond du
gouffre : c'est le triste constat des auteurs qui pointent une
montée inexorable du chômage, des dettes publiques
qui explosent, des attaques contre l'euro par les dérivés de
crédit.. Ils dénoncent la prise de pouvoir des marchés
financiers sur le système tout entier, contraignant les
Etats à la plus extrême rigue dans le but de leur plaire et de
conserver leur « triple A » décerné par les puissantes
agences de notation. Cependant, loin de se résigner,
Henri Bourguinat et Eric Briys proposent cinq chantiers à
mettre en oeuvre pour inverser la tendance et
s'éloigner du mythe de la globalisation salvatrice. Et
redonner à la finance son rôle de moteur de la
croissance."
Aujourd'hui En France - 11/10/2010
"Pourquoi la crise se prolonge
Si la crise financière semble s'être apaisée, si le CAC 40
reprend des couleurs, si les banques renouent avec les
bénéfices, l'économie réelle, elle, est encore au fond du
gouffre : c'est le triste constat des auteurs qui pointent une
montée inexorable du chômage, des dettes publiques
qui explosent, des attaques contre l'euro par les dérivés de
crédit.. Ils dénoncent la prise de pouvoir des marchés
financiers sur le système tout entier, contraignant les
Etats à la plus extrême rigue dans le but de leur plaire et de
conserver leur « triple A » décerné par les puissantes
agences de notation. Cependant, loin de se résigner,
Henri Bourguinat et Eric Briys proposent cinq chantiers à
mettre en oeuvre pour inverser la tendance et
s'éloigner du mythe de la globalisation salvatrice. Et
redonner à la finance son rôle de moteur de la
croissance. 11/10/2010 Modifier
Supprimer
"
Le Parisien Economie - 11/10/2010
"Marchés de dupes - pourquoi la crise se prolonge ?
http://www.touteconomie.org/index.php?arc=l1&num=86"
Http://www.touteconomie.org - 11/10/2010
"Commission d’enquête sur les mécanismes de spéculation affectant le fonctionnement des économies
Séance du mercredi 15 septembre 2010
Présidence de M. Henri Emmanuelli, Président
Audition, ouverte à la presse, de M. Henri Bourguinat, professeur à l’université Bordeaux-IV
Lire l'intégralité du débat :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cespeculation/09-10/c0910004.asp"
Assemblée Nationale - 15/09/2010
"Si la crise financière semble s'être apaisée, si le CAC 40 reprend des couleurs, si les banques renouent avec les bénéfices,
l'économie réelle, elle, est encore au fond du gouffre. C'est le triste constat des auteurs qui pointent une montée inexorable du
chômage, des dettes publiques qui explosent, des attaques contre l'euro par les derivés de crédit. Ils dénoncent la prise de pouvoir des marchés financiers sur le système tout entier, contraignant les Etats a la plus extrême rigueur dans le but de leur plaire et de conserver leur « triple A » décerné par les
puissantes agences de notation. Cependant, loin de se résigner, Henri Bourguinat et Eric Briys proposent cinq chantiers à mettre en oeuvre pour inverser la tendance et s'éloigner du mythe de la globalisation salvatnce. Et redonner à la finance son rôle de moteur de la croissance..."
Le Parisien - 11/10/2010
"Monnaies en conflit
HENRI BOURGUINAT, spécialiste de la finance internationale, l'universitaire girondin décrypte les turbulences monétaires actuelles
Professeur émérite à l'université de Bordeaux 4 Montesquieu, Henri Bourguinat observe depuis longtemps les dérives de l'économie mondiale, auxquelles il vient de consacrer un
nouvel ouvrage (« Marchés de dupes », avec Eric Briys, aux éditions Maxima) /.../ II fait le point sur les tourmentes monétaires actuelles.
Sommes-nous déjà dans une guerre monétaire ? Si l'on se hasarde à l'analogie avec le deuxième
conflit mondial, on pourrait dire que la situation est comparable avec celle qui existait à l'époque des accords de Munich en 1938. On n'est pas officiellement en guerre, mais c'est comme si on l'était déjà un peu.
Comment décririez-vous cette guerre en germe ? Plusieurs conflits s'entremêlent. L'un d'eux oppose la Chine aux Etats-Unis et un autre, le dollar à l'euro. On peut d'ailleurs
observer que, malgré leurs divergences, les Etats-Unis et la Chine ont un intérêt commun a voir l'euro s'apprécier par rapport à leurs monnaies respectives, qui sont de fait liées
Dans le même temps, des pays émergents, comme le Mexique, la Corée, la Thaïlande ou le Chili, voient leur monnaie s'apprécier par rapport au yuan ou au dollar, ce qui n'est pas sans leur poser des problèmes. La plupart ont des monnaies convertibles alors que le yuan ne l'est pas.
Est-il normal que les Chinois ne rendent pas leur monnaie
convertible, alors qu'ils se battent en même temps pour la liberté des échanges, qui profite à leur économie ? Les Chinois manipulent leur monnaie pour renforcer leur
puissance commerciale. Jusqu'ici, le reste du monde a été extrêmement patient avec eux. Mais cela ne va pas forcement durer. D'ores et déjà, la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de texte
législatif qui permettrait de restreindre certaines importations chinoises. Mais la marge de manoeuvre des Américains est
étroite. Car si Pékin décidait, en représailles, de ne plus acheter d'obligations d'Etat américaines, cela pourrait encore aggraver les difficultés de financement des Etats-Unis.
Nicolas Sarkozy veut profiter de sa future présidence du G 20 pour lancer la réforme du système monétaire. Cela vous paraît-il réaliste ? Le G 20 ne réglera pas le problème en une seule réunion. Mais il pourrait peut-être jeter les bases d'une grande conférence monétaire mondiale, un peu comme celle qui avait eu lieu à Bretton Woods, à la fin de la guerre. Parmi les idées de réforme possibles, on peut évoquer des formules qui éviteraient aux monnaies de varier au-delà d'une certaine fourchette. Mais ce type de stratégie n'est pas dépourvu de difficultés, ni de nsques. On peut aussi substituer au dollar, qui est aujourd'hui la monnaie de référence des échanges, un panier de trois devises -
euro, yuan et dollar - qui refléterait mieux la réalité de l'économie mondiale. Mais la tâche sera sans doute bien longue et bien ardue.
Propos recueillis par Bernard Broustet"
Sud-Ouest - 14/10/2010
"Encore la crise, toujours la crise. Pour le deuxième anniversaire de la chute de la banque Lehman Brothers, de nombreux essais sur la crise seront au rendez-vous de cette rentrée littéraire. Et une fois de plus, la finance n’y fait pas bonne figure. Le dernier ouvrage d’Henri Bourguinat et d’Eric Briys ne fait pas exception à la règle. Le professeur d’économie, spécialiste des marchés financiers, qui n’a cessé d’alerter les politiques sur les dérives de la finance, et l’ancien trader, fin connaisseur des modèles d’évaluation des risques, dressent un état des lieux post-crise pour le moins inquiétant. «Cette quasi-volonté de ne rien changer pourrait bien conduire à un seul résultat: la «re-crise» dont les conséquences seraient encore plus cruelles que celles que nous venons de traverser.» Les auteurs ne peuvent que constater le maintien d’une hyperfinance plus prédatrice qu’utile pour l’économie et le renoncement des pouvoirs publics à tirer les enseignements de la crise. Pire, les Etats, écrasés par le poids d’une dette publique, sont plus que jamais à la merci des humeurs des marchés financiers qui peuvent, sous la simple menace d’une dégradation du rating d’un pays, infléchir des politiques économiques et budgétaires. Enfin, le secteur bancaire apparaît plus concentré et puissant que jamais. Quant à la nouvelle régulation, les auteurs en dénoncent méthodiquement les faux-semblants. Tout semble fait pour ne pas contrarier le monde de la finance. Pourtant, notent les auteurs, le monde a changé et la crise a permis une prise de conscience des dangers et des limites du système financier international. Le mythe de la globalisation heureuse a bel et bien vécu. C’est la lueur d’espoir de cet essai sans concession. Des pistes sont même esquissées pour contrer une évolution qui apparaît aussi funeste qu’inéluctable. La nécessité de revoir en profondeur, non seulement les règles des marchés financiers et la façon dont opèrent les banques, mais aussi les principes qui régissent notre système de libre-échange, source de bien des déséquilibres.
Eric Benhamou /La Tribune"
Le Temps - 11/10/2010
"Non la crise n'est pas finie, affirment les auteurs : l'Europe est au plus mal, le chômage perdure et les économies sont atones. En fait, expliquent-ils, la crise s'installe et s'aggrave car le jeu des marchés et devenu "un marché de dupes" où les financiers gagnent toujours au détriment de l'économie réelle. Ayant pris progressivement la commande du système économique tout entier, poursuivent les auteurs, les marchés financiers sont maintenant à même de contester la
souveraineté des pays les plus vulnérables de l'Europe. Mieux encore, ils sont capables de faire basculer les politiques économiques annoncées dans l'ensemble des Etats de la zone. Pour conserver leur "triple A", certains pays vont ainsi jusqu'à virer de bord et substituer à " l'ardente
obligation " de stimulation pour la reprise, une politique d'extrême rigueur, "qui nous installe dans la déflation". Faut-il se résigner à ce que l'on fasse main basse sur nos économies, s'interrogent les auteurs? Ces derniers s'y refusent, et ce livre en témoigne. Il se fixe comme objectif de mettre à mal le "mythe" de la globalisation nécessairement "salvatrice" et dégagent cinq chantiers pour réagir.
M. Henri BOURGUINAT est professeur émérite à l'université de Bordeaux IV, et a essayé depuis de nombreuses années de mettre en garde contre les risques de rupture du système financier.
M. Eric BRIYS est le cofondateur de Cyberlibris, entreprise française pionnière du livre numérique et des bibliothèques numériques. Il est également professeur-associé d'économie et de finance au Ceregmia de l'université des Antilles et de la Guyane. Enfin, il a travaillé plusieurs années dans le monde de la banque d'affaires après avoir été pendant 10 ans professeur de finance à HEC."
La Correspondance économique - 29/10/2010
"Henri Bourguinat et Éric Briys pointent les risques que la finance fait encore courir au monde.
Société : De l'impunité des marchés
Le tandem Bourgumat-Briys récidive. Le professeur Henri Bourguinat, bien connu des lecteurs de « Sud Ouest », et l'ex-banquier d'affaires Eric Briys avaient uni leurs plumes pour nous offrir l'année dernière « L'Arrogance de la finance » (éd La Découverte). A la lumière de la crise des subprimes, ils démontaient les théories optimistes des Diafoirus de la finance qui avaient glose pendant des années sur la
capacité prétendue des marchés à s'équilibrer en toutes circonstances, sans s'apercevoir que le sol du monde financier commençait à craquer sous leurs pieds. Dans « Marchés de dupes », ils se livrent à un nouveau diagnostic de la situation deux ans après la catastrophe. Ecrit dans une langue aussi peu jargonnante que possible, ce nouveau constat n'est guère plus rassurant que le précèdent.
Concentration renforcée
Pour les deux auteurs, le monde n'a pas tiré pleinement les
leçons des événements de 2008, des pratiques et des idéologies qui les ont rendus possibles. Henri Bourguinat et Eric Briys relèvent certes que des mesures de régulation ont été prises aux Etats-Unis pour tenter de limiter la réédition de ce scénario de château de cartes, decrit par les spécialistes sous le nom de risques systémiques. Mais, à leurs yeux, les autorités nationales et internationales n'ont pas frappé assez fort. Elles n'ont pas su éviter que la crise ne
renforce la concentration du système bancaire qui est, pour les deux spécialistes, une des principales menaces pesant sur la santé de l'économie mondiale. Goldman Sachs a ainsi
profité de la disparition ou de l'absorption de ses principaux rivaux tandis que le bilan de BNP Paribas dépasse désormais le PIB de la France. Leur chute éventuelle aurait des
conséquences telles qu'elle ébranlerait l'ensemble des places mondiales. Comment imaginer, dans ces conditions, que ces « hypermarchés de la finance » ne développent pas un sentiment d'invulnérabilité et d'impunité né de la conviction qu'elles sont trop grosses pour qu'on ne les sauve pas en
cas de coup dur ?
Ordonnance modeste
Bourguinat et Briys décrivent bien quelques uns des pièges qui continuent à guetter nos économies : si les marchés peuvent parfois pointer avec pertinence certaines réalités
économiques, ils se nourrissent également de ces déséquilibres qu'ils contribuent parfois à aggraver. Ils se comportent comme des « juges prévaricateurs » selon l'heureuse formule des deux auteurs, qui mettent aussi
l'accent sur la voie étroite où se trouvent les économies européennes : d'un côté, la rigueur semble nécessaire, mais de l'autre elle peut gravement entraver le potentiel exportateur de nos économies.
Dans leurs conclusions en forme d'ordonnance modeste, Henri
Bourguinat et Eric Briys écornent prudemment certaines idées bien installées dans l'air du temps. Certes, disent-ils par
exemple, le protectionnisme est dangereux mais l'hyperspecialisation internationale du travail et la réduction exagérée des bases productives de nos pays le sont aussi.
Quant à l'économie verte, même s'il ne faut pas lui tourner le dos, il convient de ne pas mésestimer ses nsques et ses contradictions.
A tous égards, ces « Marchés de dupes » meritent donc un détour
Berbard Broustet"
Sud-Ouest - 07/11/2010
"«Les Etats sont en liberté conditionnelle»
Interview recueilli par Vittorio de Filippis
Universitaire à Bordeaux-IV, Henri Bourguinat estime que les outils de régulation ne vont pas assez loin.
Professeur émérite à l’université de Bordeaux-IV, Henri Bourguinat n’acessé de renouveler les mises en garde contre les risques de rupture du système financier. Dans un récent ouvrage (1), cosigné avec Eric Briys, il explique pourquoi la crise n’est pas finie. Entretien.
Q.: Comment jugez-vous le G20 ?
R./ On peut se demander si l’Amérique n’a pas trouvé, avec le nouvel assouplissement monétaire, le moyen de faire s’apprécier le yuan en faisant elle-même baisser le dollar. La réalité, c’est que les Etats-Unis et la Chine sont désormais dans un face-à-face bien différent du dialogue Chine-Amérique qu’on avait entrevu.
Q.: Pourquoi parlez-vous de «marchés de dupes» ?
R.: Depuis le début de la crise financière, il a beaucoup été question de régulation. En juillet, le Congrès américain a adopté une loi pour mieux contrôler Wall Street. On s’y attache à Bruxelles ou à Genève, avec Bâle III. Mais le diable se cache dans les détails.
/.../ Lire la suite :
http://www.liberation.fr/economie/01012302024-les-etats-sont-en-liberte-conditionnelle />
(1) Marchés de Dupes, pourquoi la crise se prolonge, éditions Maxima, 19,80 euros."
Libération - 13/11/2010
"/.../ cet ouvrage « Marchés de dupes. Pourquoi la crise se prolonge » (1) a la particularité de dévoiler quelques propositions qui bousculent les idées reçues. Il est l’oeuvre de Henri Bourguinat, professeur émérite à l’Université de Bordeaux IV et auteur de plusieurs ouvrages économiques et financiers, et d’Eric Briys, cofondateur de la société Cyberlibris, qui a passé plusieurs années chez Lehman Brothers, Merrill Lynch et Deutsche Bank. Les deux auteurs
y présentent un lourd réquisitoire contre le monde financier (« un monde surdimensionné ») et ses multiples dérives. Ils s’attaquent aussi, de manière frontale, aux agences de notation qui ont tendance « à mettre en cause les petits et faibles pays et simultanément à ne pas vouloir voir les problèmes des puissants, surtout s’ils sont anglo-saxons ».
Alors que la Federal Reserve va inonder les marchés de 600 milliards de dollars, les auteurs tirent la sonnette d’alarme. Les banques centrales, disent-ils, devenues pompiers après
avoir été parfois pyromanes, devront montrer qu’elles sont aptes à éponger, le moment venu, les flots répandus en
abondance. C’est alors seulement que « Helicopter Ben » Bernanke pourra réclamer ses galons de soldat des liquidités,
écrivent les auteurs, tout en se demandant si l’on peut vraiment faire confiance à des pyromanes reconvertis.
Le livre s’inquiète aussi de la désindustrialisation forcée, avec quelques exemples à la clé : la moutarde Amora qui est fabriquée ailleurs qu’à Dijon, les Coréens qui sont actionnaires majoritaires des Chantiers de l’Atlantique…
Mais c’est loin d’être un problème uniquement français. Il vaut également pour les Etats-Unis qui ne produisent plus les batteries de nouvelles générations nécessaires à l’automobile électrique, pas plus que les diodes Leddes
récents procédés d’éclairage. Sait-on aussi que l’excédent commercial américain en matière de technologies de
l’information s’est mué en déficit.
Les auteurs estiment donc qu’on est allé trop loin en sacrifiant, sur l’autel du libre-échange, des pans entiers de l’industrie.
L’objectif, selon eux, n’est pas de perpétuer des secteurs sans avenir, mais de maintenir une éco-diversité minimale hors de laquelle on ne saurait préserver l’emploi ni les équilibres sociaux ou écologiques.
Il s’agit donc de ne pas galvauder les acquis historiques de l’expérience industrielle et d’en revenir à ce qu’ils nomment
« un ancrage territorial de la croissance ». Dans chaque cas,
avouent-ils, de solides dossiers justificatifs des clauses de sauvegarde revendiquées devront être constitués et soumis à la critique des partenaires (y compris à l’OMC) et périodiquement révisés.
Voilà qui a le mérite de relancer le débat, au moment précis où la Commission européenne veut davantage muscler
sa politique commerciale.
M.L."
L'écho - 22/11/2010
"La finance en procès
/.../ Henri Bourguinat et Eric Briys, qui figurent parmi les rares économistes français à avoir prévu la crise de la finance, n'imaginent pas une seconde que les marchés puissent faire amende hoorable et se réformer. "La crise de 2007-2009 devait remettre les pendules à l'heure [...]. A côté de quelques ajustements, deux ans plus tard, on déchante : les banques n'ont pas fait leur coming out." Dans "Marchés de dupes", les auteurs en appellent à un renouveau industriel, avec cheminées fumantes, ateliers chaleureux et recherche fondamentale en toile de fond. Sous leur plume, les équations financières paraissent ringardes, et les chaînes de production, ultratendance. La mode économique tourne.
Franck Dedieu"
L'Expansion - 01/12/2010
"The Big One
/.../ "Il est faux de dire que rien n'a été fait. Mais la régulation est comme l'armada espagnole venue assiéger les côtes anglaises
à la f in du XVIIe siècle et qui fut mise en déroute aux premiers
coups de canon, elle est toujours en retard d'une guerre. L'échelle de temps des marchés c'est la nanoseconde, celle de la régulation, au mieux l'année", observe Henri Bourguinat,
professeur émérite d'économie financière à l'université de Bordeaux IV, et co-auteur de "Marchés de dupes"./.../
Philippe Plassart"
Le Nouvel Economiste - 23/12/2010
"Rien ne va plus !
L'Europe est au plus mal, le chômage perdure et les économies sont pour le moins atones. Loin d'avoir été "moralisée" et "réformée" depuis le début de la crise, la finance poursuite son petit bonhomme de chemin comme avant, continuant à s'édonner aux délices des dérivés de crédit et de la titrisation, et à prendre des libertés avec les contraintes des capitaux propres. Henri Bourguinat, professeur émérite à l'Université de Bordeaux IV, et Eric Briys, entrepreneur et professeur d'économie et de finance, estiment que le jeu des marchés est devenu un marché de dupes, où les financiers gagnent toujours au détriment de l'économie réelle, prenant les commandes du système tout entier et contestant la souveraineté des pays les plus vulnérables. Ainsi, certains Etats de la zone euro, afin de bénéficier d'une bonne notation par les agences, substituent à l'obligation de stimuler la reprise une politique de rigueur qui induit la déflation. Forts de ces conctats, les auteurs dégagent cinq chantiers de réflexion pour s'éloigner du mythe de la globalisation salvatrice et freiner cette spirale infernale. "
Profession CGP - 01/01/2011
"Pas si tranquille que ça ! La crise résiste
Nous la croyions passée ou presque, consommée ou quasiment, à oublier et vite. ll n'en est rien, la crise est toujours là, bien déterminée à ne pas laisser tranquille trop
rapidement notre chère société. C'est en tout cas la théorie que défendent Henri Bourguinat et Eric Briys dans leur livre
"Marchés de dupes". Ils nous expliquent gentiment qu'on nous prend pour des c... A les entendre, l'Europe est au plus mal et la globalisation n'est pas un remède miracle à cette situation désastreuse. Heureusement, ils proposent cinq solutions pour faire face à ce fléau, comme revoir le principe des hypermarchés de la finance, avoir recours à une relance verte, parler vrai, favoriser la reprise en desserrant l'étau des marchés. On y croit ou on n'y croit pas, quoi qu'il en soit les bonus mirobolants des banquiers sont toujours là, le chômage grandit et les dérives de
la finance persistent aussi."
L'Expression Com - 01/12/2010
"Les mauvaises pistes de réforme du système
monétaire international
/.../"
La Tribune - 24/11/2010
"L'économiste Eric Briys dénonce le pouvoir exorbitant des marchés, qui échappe de fait au politique : « Pile, les banques gagnent ; face, les Etats perdent »
Après avoir été professeur à HEC pendant dix ans, Eric Briys a travaillé plusieurs années chez Lehman Brothers, Merrill Lynch et Deutsche Bank. Il est aujourd'hui professeur associé de finance à l'Université des Antilles et de la Guyane. Il est co-auteur, avec Henri Bourguinat, de deux récents ouvrages : "l'Arrogance de la finance" (La Découverte) et "Marchés de dupes" (Maxima).
Q.: Les marchés financiers ont-ils gagné face à la
souveraineté des Etats ?
E. Briys : Ce qu'on attend des marchés financiers, c'est qu'ils fassent leur boulot et qu'ils nous disent quand les choses vont mal. Les marchés financiers devraient être ce boulier qui tient les comptes, capables de nous avertir sur une addition que nous ne pourrions pas honorer en temps et en heure. Mais ils sont bien plus que cela. Ils sont un animal extrêmement complexe et qui échappe à ses créateurs : les
responsables politiques.
Q. : C'est-à-dire ?
E. Briys : Si on plonge dans les détails de la crise, nous
voyons un marché financier à travers l'omnipuissance des banques. Ce sont elles qui parviennent à faire plier les Etats. Pour filer la métaphore, nous pourrions dire que ce n'est
plus le chien qui remue la queue, mais la queue qui remue le chien. Tout s'est inversé, au profil d'une hyperfinance, sous le prétexte que les marchés savaient mieux que quiconque mesurer les risques.
Q. : Un exemple de cette souveraineté perdue ?
E. Briys : Prenons le cas de la Grèce. La France a sorti un plan de restructuration de la dette grecque, dans lequel les Grecs devront payer quoi qu'il advienne. Mais ce plan vise
surtout à protéger les banques étrangères qui détiennent de la dette souveraine émise par l'Etat grec, au premier rang desquelles figurent les banques françaises avec une soixantaine de milliards d'euros de créances sur la Grèce.
Finalement, le plan français vise à faire en sorte que les banques hexagonales n'enregistrent pas dans leurs comptes une perte sur la Grèce.
Q. : Ce qui entraînerait une recapitalisation des fonds propres de ces banques...
E. Briys : Oui. Mais ce qui importe c'est de voir à quel point est puissant le lobby bancaire. Il l'est tellement qu'il est capable de maintenir un garrot sur les Etats débiteurs. Il y a dans tout cela une formidable hypocrisie, car on fait comme si on venait de découvrir la réalité. On se moque du monde.
Q. : Vous visez les responsables politiques ?
E. Briys : Oui, car personne ne pouvait ignorer la situation de l'Italie ou de la Grèce. Or, les politiques ont fermé les yeux, préférant avancer dans la construction de l'euro. Ce fut chose
faite mais cette maison est bâtie sur un sol mouvant. Aujourd'hui, nous n'avons aucune solidarité économique au niveau européen, pas de réel pouvoir fédéral. Tout reste extrêmement fragmenté. Résultat : c'est un peu comme pour la centrale nucléaire de Fukushima, l'accident est là et nous ne savons pas réparer. Or, nous savions que tout ce qui est fragmenté au niveau de l'Europe finirait par être source d'arbitrage et de profit pour la finance. Et c'est ce que nous payons aujourd'hui. Les marchés occupent le vide créé par
l'impuissance des responsables politiques européens et des institutions européennes...
Q. : Nous n'avons donc rien appris de la crise ?
E. Briys : Nous n'avons pas reconsidéré le système. La crise actuelle montre la montée en puissance de la force des banques. Or, au lendemain de la crise de 2008, tout le monde expliquait qu'il fallait revoir à la baisse la taille des banques et autres institutions financières. Histoire de les désarmer.
Q. : Qu'en est-il aujourd'hui ?
E. Briys : Elles n'ont jamais été aussi grosses, puissantes
et arrogantes. Ce sont elles qui brandissent la menace de contagion en disant aux Etats : « Si vous nous laissez tomber, c'est tout le système qui explose. » On a donc institutionnalisé ce que les économistes qualifient d'« aléa moral ». C'est-à-dire, donner aux banques la garantie qu'elles seront toujours sauvées. Finalement, elles sont capables de faire du chantage aux Etats, qui ont plié.
Q. : Comment est-ce possible ?
E. Briys : Pas besoin d'être diplôme de Polytechnique pour comprendre que si vous instaurez une garantie gratuite, tous les gens la prendront. Pire, ils feront tout pour que la probabilité que cette garantie joue en leur faveur. Quitte à prendre un maximum de risque via la spéculation. Pile, ce sont les marchés et les banques qui gagnent; face, ce sont les Etats qui perdent.
Q. : Nous en sommes là aujourd'hui ?
E. Briys : Sans l'ombre d'un doute. Les banques se sont
engouffrées dans la brèche des Etats qui n'arrivent pas à réagir vite. Ceci ne veut pas dire qu'il n'existe pas de problèmes financiers en Grèce ou ailleurs. Mais dans ce rapport de force, favorable aux marchés, si les Etats lâchent,
tout le monde y perdra. Car finalement, ce ne sont pas des plans d'austérité qui vont s'additionner, mais des plans qui vont se multiplier. L'austérité se fera, ici et là, avec une démultiplication négative au niveau de l'Europe.
Q. : Alors que faire ?
E. Briys : Réduire les coûts de coordination de ce petit monde des gouvernements européens, de la BCE, de la Commission, chacun ayant d'ailleurs un agenda divergent. On a coutume de dire « la vieille Europe » et « la jeune Amérique ». Sur le plan politique et économique, nous devrions dire « la jeune Europe » et « la vieille Amérique ».
Propos recueillis par Vittorio DE FILIPPIS"
Libération - 12/07/2011
"Enfin des auteurs qui pensent, dont la hauteur de vue nous rappelle qu'il y a des élites en Europe, mais qu'elles ne sortent pas des centres d'abrutissement occidentiste que sont devenus les grandes écoles.
Il est d'abord martelé que plus ça change, moins ça change : les parasites de la finance sont toujours les mêmes, les techniques de pillage restent incontrôlées, les paradis fiscaux assurent le recyclage de l'argent volé. Les esclaves que nous sommes devenus ne se révoltant pas, pourquoi les banksters changeraient-ils ? Nous sommes tous tels des prisonniers sous bracelet électronique et les dindons politiques s'en accommodent puisque les gens du Trésor, en France par exemple, sont identiques aux banquiers et que cette connivence n'est pas interrompue. Pourtant, il est pertinent d'affirmer que la finance, comme le restaurant, est une activité où il faut aller dans les cuisines et sanctionner ceux qui ne respectent pas les normes de propreté. Au temps
de la Noblesse, il arrivait qu'on exécutât un banquier malpropre. Aujourd'hui, les voyous de la finance font assassiner les élites qui ne marcheraient pas dans la combine. Et rien ne se passe. Mais les crises financières ont le même effet qu'un incendie qui se déclare dans un
dancing : elles tuent...
F.F"
Tribune de La Côte D'Azur - 16/12/2011
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