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Le nouveau Far West - la fin des valeurs occidentales ?

Le nouveau Far West - La fin des valeurs occidentales ?

Charles Mircher

Les sanglantes attaques terroristes perpétrées aux Etats-Unis rendent encore plus pertinente la question que pose Charles Mircher au début de son ouvrage : « Devant le fatras de richesses et de progrès, d'injustices et de cadavres, qui font ensemble l'étoffe paradoxale du monde contemporain, peut-on voir encore une signification positive à l'aventure occidentale ? »

Depuis une vingtaine d'années en effet, se développe un sentiment de chaos qui, dans tous les domaines, fait ressembler chaque jour un peu plus notre monde occidental à un nouveau Far West. Plusieurs ouvrages récents (L'horreur économique de Viviane Forrester, 99 Francs de Frédéric Beigbeder, No Logo de Naomi Klein, Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq...) ont, chacun à leur manière, témoigné de cette évolution. Mais le plus souvent, ils n'ont proposé que des explications ponctuelles, intuitives, superficielles ou partisanes, sans jamais ouvrir de réelles pistes de compréhension.

Dans cet essai à la fois visionnaire et ancré dans l'actualité, l'auteur - ancien collaborateur dans de grands groupes de presse (Le Figaro, l'Expansion, le Nouvel Economiste, Stratégies…) et créateur d'InnovaCorp, un institut de recherche sur les modes de vie et de consommation - développe une vision originale, synthétique et globale des évolutions de notre société. De nombreux exemples récents, pris dans les domaines de la publicité, de la corruption financière, de l'explosion scientifique, etc., font du Nouveau Far West un livre passionnant.

Charles Mircher part du constat que toutes les évolutions du monde occidental peuvent s'analyser au travers d'un phénomène général : l'anéantissement de la valeur, qu'il s'agisse de la valeur perçue des institutions sociales et politiques (on vote toujours moins, les familles volent en éclat, etc.), des principes même de la vie humaine (le commerce illégal des organes, le clonage, etc.) ou des biens matériels (le développement continu des produits sans marque).

L'auteur s'interroge sur l'origine et l'évolution de cet anéantissement. En suivant l'anthropologue des religions René Girard, Charles Mircher explique que le désir, face cachée de la valeur, est une source fondamentale de violences sociales et interpersonnelles, seulement régulées par des autorités institutionnelles et les interdits qu'elles imposent.

Historiquement, la première de ces autorités est divine, mais elle a peu à peu été remise en cause en Occident. A partir du XVIIIe siècle, une autre autorité, l'Institution Travail, est parvenue à se substituer à l'autorité de Dieu et à contenir la violence du désir en régulant à nouveau tous les rapports sociaux et interpersonnels. Mais, à son tour, cette autorité s'est effondrée sous les coups de boutoir des récentes politiques occidentales de libéralisation du marché du travail (1981-84 et 1990-95).

En disparaissant, l'autorité de l'Institution Travail a laissé le champ libre à une résurgence sans précédent de la violence sociale. Comme cette violence n'est plus contrôlée sur le plan institutionnel, le seul moyen dont disposent les individus pour la contenir consiste à réfréner leurs désirs et, par conséquent, à anéantir la valeur perçue des institutions sociales et politiques, des principes de la vie humaine, et des biens matériels.

C'est ce qui explique la gratuité de plus en plus de biens et de services (ce qu'on ne peut plus vendre, on doit le donner), le déclin de la propriété privée via la mutualisation des moyens de production (cf. les S.E.L. - Systèmes d'Echange Locaux - ou encore l'actionnariat salarié), mais également une recherche accrue de créativité, de spiritualité et de jouissance car ce sont des plaisirs historiquement opposés à l'univers du travail.

Pour Charles Mircher, ce sont ces transformations qui changent notre monde en Nouveau Far West et, parce qu'elles contrarient à beaucoup d'égards les stratégies des acteurs économiques et surtout celles des appareils d'Etats, laissent augurer à terme une révolution sociale et politique majeure.

De façon prophétique, il conclut son livre avec la phrase suivante : « Il ne sert plus de fuir, de se protéger ou de se plaindre ; cela ne dépend plus de nous. Il faut vivre et danser sur les décombres, secourir ceux qui doivent l'être ; il faut aussi attendre le jour tous ensemble. »

Caractéristiques

Auteur: Charles Mircher

Rubrique: Enquêtes, essais, romans

14 x 22 cm, Br.
240 pages
18.00 € TTC

ISBN: 2840012944

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Table des matières

Introduction - "Nous qui avons été des Occidentaux", p. 7

Première partie - L'anéantissement de la valeur

1. Nous n'avons pas les mêmes valeurs, p. 15
2. La logique du désir, p. 25
3. Le grand carnaval économique, p. 33
4. L'amour du travail bien fait, p. 51
5. Les puissances des illusions, p. 57
6. Au bon beurre !, p. 65
7. Vivez dangereusement !, p. 79
8. Le client Roi, p. 93
9. Une existence d'abandonné, p. 101
10. La gratuité universelle, p. 103
11. L'Occident, un nouveau monde, p. 111
12. Régner contre le peuple, p. 119
13. Le désir comme question politique, p. 129

Deuxième partie - Aux sources de l'anéantissement du désir et de la valeur

14. La lente agonie du désir, p. 143
15. La fin de l'institution Travail, p. 159
16. Six milliards de particules élémentaires, p. 177
17. Controverses sur la fin du travail, p. 193
18. « Salut les artistes et tant pis si je me trompe ! », p. 205

Conclusion - Et alors ?, p. 217
Bibliographie, p. 225

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